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Mon vrai départ dans le monde du Dogue de Bdx. Un an plus tard exactement après Urloff. Désireux d'obtenir mon masque marron, un nouveau rendez vous fut pris à LA CHÈVRERIE DU DÉSERT pour choisir un chiot sur la deuxième portée de SAÏGA. Cette fois ci avec RUBIS DU BOIS DES CHÂSSIS. Rubis avait été proclamé modèle du standard par Triquet. Il était issu par un chien célèbre qu'il a lui même produit, Luck de la Maison des Arbres. Il faut se rendre compte de la valeur, symbolique, de la portée, issue de deux champions de France, ce qui aujourd'hui semblerait improbable. Les "instances dirigeantes" ne s'y trompèrent pas. Tous vinrent y jeter un oeil. Claude garda une de ses soeurs, Volene, qui ne reproduira pas. Il céda sa soeur, Vestale, à Porries. Saïga et sa fille Vestale s'avèreront être des aiguillons pour de nombreux étrangers, à une époque, où ceux ci commençaient fortement à s'intéresser à notre cheptel. Toutes deux seront en grande partie, pas forcément en première génération, les germes d'affixes illustres tels que, les Belges: Jolies Gueules, L'Aube Rouge, Van de Paterhoek, les Allemands: Champ Royal, Istarskog Porijekla, Vom Niedersachsen, The Red Powerpack (avec un certain BELMONDO), les Hollandais: Van de Bargefenne, de la Maison de Hollande, l'espagnol De el Siscar, l'Italien Del Capriano et j' en passe. Vestale, accouplée avec le champion ULL DE LA BERSE DU LOUP à Guignard engendrera COLAS DE LA HUGUERIE, "record dog" du nombre de c.a.c.i.b pour un Dogue de Bdx (plus de 70 !). On retrouvera Colas à l'origine, entre autres, de nouveaux élevages de l'est, Red Black Silber, Korona, Red King. La troisième portée de Saïga, avec Ull également, fut celle de la mise sur orbite, avec tenez vous bien: BULL qui essaimera beaucoup en Allemagne et par ricochet aux Pays-Bas, BASCO, cédé à Pardo, et enfin Bulle qu'il garda et qui lancera la lignée de Claude. Accouplée par la suite à BORG DE LA GAIE MAISONNÉE, autre légende, Bulle engendrera ÉROS à Guignard, puis enfin, mariée à JUMBO VAN ALCARINQUE, naîtront ÉROS II et ENKA. Rien que ça! L'Étang de Mirloup sur les chapeaux de roues. C'est, paradoxalement, d'ailleurs à partir de cette époque, 1989, que la France au dessus de la mêlée fit les frais d'une redistribution des cartes, face à ces nouveaux pays émergents. Elle vendit à tour de bras sa production sans trop se soucier de garder ses plus beaux spécimens. Face à cette razzia, et à ce brassage génétique rondement mené de main de maîtres par nos amis étrangers qui n'hésitaient pas, non plus, à parcourir des milliers de kilomètres pour venir chez nous faire saillir leur chienne, bizarrement Claude Aubaux fut l'un des rares à avoir compris l'intérêt de leur rendre la monnaie de leur pièce en allant choisir des étalons extérieurs. Indispensable réciprocité qui nous a valu la perte de notre influence.
Mon choix se porta, donc, sur un mâle que je prénomma Victor. Quel Dogue j'avais la, pas un gros format mais bien construit et proportionné, et une tête déjà typique! Bref un vrai dogue qui me donna le virus des expositions. Sans doute aurait t'il été champion si un défaut d'esthétique ne vint réduire ses chances d'accéder aux plus hautes marches du podium. J'ai toujours en mémoire cette exposition internationale d'Agen de 1987 où j'avais fait le déplacement pour me faire juger par le célèbre professeur Marcard. Malencontreusement absent celui ci avait du se faire remplacer au pied levé par Mme Lepage, présidente du club, juge et éleveuse à l'affixe Du Bois des Canelles, venue en simple visiteuse. Mme Lepage connaissait très bien mon chien et son "défaut", elle me l'avait confirmé à Nantes en 85, mais cette fois ci elle n'eut pas à se sentir embarrassée pour le déclasser car un dogue splendide à masque noir obtint en toute légitimité la première place, Vauban de la ténacité, sous le regard approbateur du producteur Claude Trouvé. Un autre Dogue, qui à marqué sa génération était inscrit mais non présent, VALMY KWAN DE LA SEIGNEURIE DES CHARTRONS, tous deux étant issus, faut il le préciser par Sam de Fenelon appartenant à Van Cappel.
Victor était non seulement un beau Dogue mais un vrai, avec le caractère en acier trempé qui était leur marque de fabrique, tout du moins jusqu'à la première guerre mondiale, date à laquelle fut mis fin définitivement aux divers combats. Sans peur et agressivité incontrôlées, il personnifiait la force tranquille et possédait cet air martial de ses ancêtres qui combattaient dans l'arêne. Sans tomber dans l'excès d'une sélection extrême que l'on rencontre dans les races de type Bull qui occultent la notion de rappel et d'intimidation qui appartiennent au code hiérarchique canin, on regrettera que désormais une sélection axée en priorité sur l'esthétique inhibe un trait de caractère qui fait parti du Dogue de Bdx. Heureusement que d'une part, de façon héréditaire certains chiens le conservent et que d' autre part, les étrangers, plus particulièrement, préservent et cultivent cette particularité. Sans doute cela est t'il du à ce que ces chiens reviennent à un environnement qui correspondent à leur fonction utilitaire. Une ferme à surveiller au Danemark, un ranch aux États Unis, une datcha en Russie dans des conditions qui sont loin d'être douillettes révèlent et forgent un caractère qui à tendance à se ramollir sur les canapés. D'ou l'importance à accorder de nouveau au mot utilité. En faisant toutefois la distinction entre l'inné et l'acquis, attendu qu'il est plus facile de corriger un chien né avec du CARACTÈRE, qui ne faillira pas, d'un chien velléitaire dressé mais dont le vernis risquera de craquer. Christian Porries qui connait mieux que quiconque la psychologie du Dogue de Bdx appelle ça le "masque à la réalité". Il est vrai qu'il est navrant de voir un Dogue de Bdx se protéger derrière les jupes de sa maîtresse au moindre bruit suspect, à l'image du héros de dessin animé "Scoubidou".
Victor est mort à 3 ans et demi dans des conditions que je déplore encore aujourd'hui. Alors qu'il était sollicité pour une saillie, une première pour lui, et pour moi, je n'avais rien trouvé de mieux en pleine fin d' après midi d'une chaude journée de printemps (dans le midi de la France !) que de le laisser se débrouiller avec sa promise. Résultat des courses, un transport au cerveau dans la demi heure qui suivit et mort cérébrale le lendemain matin. Depuis ce jour là je mets en garde contre toutes fantaisies de "laisser faire la nature" avec des Dogues modernes, donc sélectionnés artificiellement. N'en déplaise aux "verts" Allemands, adeptes de la "deep ecology" et qui veulent aller jusqu'à interdire la sélection, au nom d'une modification morphologique qui n'a pas, selon eux, lieu d'être. Je proclame soit l' assistance à la saillie, bien que cela reste du sport surtout lorsque la femelle est réticente, et c'est souvent le cas, soit l'insémination artificielle, de loin la plus aisée, et d' un point de vue sanitaire, la plus sage, mais nous y reviendrons. De nouveaux exemples d'accidents survenus au cours de saillies sans assistances me confortent dans cette idée.

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